Nouvelle-Zélande : Qui veut gagner des millions ?
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> La Nouvelle Zélande
A peu près grande comme l’Italie mais assez étendue, elle a des climats qui vont de l’océanique très doux au Nord jusqu’à celui de l’Ecosse au Sud. En dehors d’une assez grande plaine au Sud, le pays est très fortement valorisé et possède même de grandes zones montagneuses. La pluviométrie est en général assez élevée en dehors de la plaine qui est potentiellement irriguée, ailleurs, il faut compter de 1 000 mm à 8 000 mm de précipitations annuelles. En général, les sols sont assez sains mais ce n’est pas toujours vrai. Champions du monde de l’exportation de lait et d’agneaux, la Nouvelle-Zélande le doit à ses systèmes ultra-économes mais très performants basés sur l’herbe dont on ne dira jamais assez combien sa valeur nutritive est élevée. La clef de la réussite consiste dans des passages très rapides sur une herbe très jeune. A noter que les variétés contiennent des champignons endophytes qui les protègent contre les ravageurs et de ce fait augmentent leur longévité et leur productivité.

Le système laitier est basé sur le même principe : pas de bâtiment, pas de travaux « inutiles ». L’investissement majeur est la salle de traite, en général rotolactor. Le troupeau moyen est de 350 têtes avec 20% de renouvellement sur 160 ha. Le lait étant payé à l’extrait sec, l’éleveur privilégie des taux très élevés. On trouve donc surtout un croisement Jersiais x Frison qui est le plus productif en ce sens. Basé sur des passages rapides sur de l’herbe jeune, 1 ha produit environ 1 000 kg d’extrait sec par an, soit sur 160 ha : 160 000 kg. L’extrait sec étant actuellement payé (en très forte baisse) à 2.12 €/kg, cela fait un revenu de 340 000 €/an sans les veaux. Les frais s’élèvent à 55-60% de cette somme (laiterie, semis d’herbe, insémination, pension d’hiver des animaux, 1 ouvrier pour 200 têtes, eau…) soit un revenu net disponible (en 2009) de 145 000 €/an. Le travail est plus conséquent que pour les brebis avec 6 heures de traite par jour plus les déplacements d’animaux. Les épouses des éleveurs s’occupent généralement des veaux. Néanmoins, le revenu reste très conséquent et s’apparente à celui d’un PDG d’entreprise en France. Bien entendu, pas de subventions d’Etat.
> Les règles du jeu ?
- Tenter de grouper son parcellaire
- Eviter tout gaspillage (machines, aliments, tracteurs, cultures, bâtiments)
- Miser à fond sur l’herbe
- Consommer celle-ci très jeune et rapidement
- Pâturer toute l’année
- Faire des allées très larges et enherbées : elles serviront de pâture à l’occasion

Ceci n’est pas possible dans les zones de montagne en France mais l’est dans beaucoup de nos régions…
En Nouvelle-Zélande, certaines régions reçoivent de 3 000 à 8 000 mm de précipitations et pourtant, les éleveurs utilisent ce seul système. Quant à dire que les grands troupeaux ne peuvent pas pâturer, c’est une mauvaise blague !
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