| Nouvelle-Zélande : Qui veut gagner des millions ? |
| Tim Cookson est un éleveur qui vit dans l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. L’exploitation qu’il reprend à son père compte 400 ha, ce qui est ordinaire pour une exploitation néo-zélandaise. Sur cet ensemble, 200 ha sont consacrés à ses 2 000 brebis et le reste sert essentiellement à nourrir les 3 000 vaches laitières de 3 voisins qu’il prend en pension pendant les 2 mois où elles sont taries. |
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| Tim Cookson en compagnie de Tod, son fidèle border-collie. Le revenu global de la famille Cookson atteint 250 000 € par an. |
| La ferme en terre séchante pour 700 mm annuels de pluviométrie est d’un seul tenant, divisée en 100 paddocks de 4 ha. Les animaux sont tous ensemble sur 1 paddock qui peut être divisé en 4 ou 5 à l’occasion. En fonction de la pousse de l’herbe, ils s’y tiennent de ½ à 2 jours de suite. Les vaches laitières pâturent des choux plus longuement. L’herbe est la seule source d’alimentation (ray-grass précoce + trèfle blanc). Le travail est banni, le tracteur, les machines et les bâtiments aussi. Les quelques travaux nécessaires sont essentiellement le renouvellement des prairies. On considère comme aux Etats-Unis ou en Argentine que les animaux sont parfaitement capables de vivre au grand air. S’il arrive que la neige recouvre le sol pendant 15 jours, les animaux se débrouillent. Dans le pire des cas, l’éleveur sort ses stocks d’ensilage (au maximum 15 jours). Les années catastrophiques, il achète des fourrages ailleurs. L’été, en grande sécheresse, les animaux vont en pension à pied, à 15 km de là chez des éleveurs possédant des terres humides ou irriguées. Il n’est donc pas rare de voir des troupeaux de 2 à 5 000 têtes en promenade. A noter qu’ils ont priorité sur tous les véhicules ! > Alimentation 100% herbe Tim, aidé de son border-collie, s’occupe du troupeau, c’est-à-dire le fait passer d’un paddock à l’autre ou bien change des fils avant et arrière très facilement déplaçables. En gros, c’est son seul travail ! Il lui faut aussi (à l’œil) estimer très finement la pousse de l’herbe pour faire évoluer les animaux au stade le meilleur. L’herbe est consommée très rapidement de moins de 7-10 cm de hauteur réelle entrée à 2 cm sortie . Les variétés de ray-grass sont de type assez précoce de façon à pousser à peu près toute l’année, la qualité étant contrôlée par des pâtures sur du fourrage très jeune. La lutte comme l’agnelage sont naturels. Ce dernier provoque 12% de pertes à la naissance mais à peu près rien par la suite. Toutes les brebis sont échographiées , les brebis vides sont abattues (1 à 2%), les gestantes ayant 1 agneau (22%) sont séparées de celles attendant 2 agneaux (76%), ces dernières étant alimentées plus finement. Dès l’agnelage, les animaux sont séparés en 10 lots de 200 mères et les agneaux tètent puis passent à l’herbe. Aucun aliment ni minéraux ne sont apportés. Il est admis que la qualité de l’herbe répond parfaitement aux besoins et donne une viande d’une qualité inégalable. > 114 000 euros de marge pour la seule activité brebis Les frais d’élevage ne sont pas négligeables et atteignent 50% des ressources : il s’agit de l’eau, des quelques travaux, électricité, pension, échographies, vaccins, tontes, engrais et clôtures. Par contre, le travail se résume au déplacement des animaux, les quelques travaux de cultures étant faits par des entreprises. Les agneaux sont vendus à 16.5 kg de carcasse et sont abattus par lots de 200 à 300 ; les derniers pesant, bien entendu plus lourd. En 2009, le kg carcasse est de 2.10 € soit 34.50 € par agneau. 3 100 agneaux procurent donc une entrée de 107 000 €, l’autre ressource est la laine qui se monte à environ 7 000 €, soit 114 000 € d’entrée. Pour 50% de frais, il reste donc à Tim 57 000 € de bénéfice net par an. A noter qu’une fois les frais de succession réglés, cette somme représente l’argent disponible pour le ménage, ce qui n’est pas mal ! Etant donné le peu de travail que demande le troupeau, pour s’occuper, Tim travaille à mi-temps comme technicien de développement et sa femme est institutrice . A eux deux, ils gagnent environ 9 000 € par mois, sans stress et… sans fatigue. > Des vaches en pension à l'herbe Le bonus vient des vaches laitières qui sont en pension en hiver (juin-juillet). Les éleveurs laitiers se débarrassent de leurs animaux pour que leurs prairies se « refassent une santé » avant le vêlage . Chaque vache (Frisonne x Jersiaise ) lui rapporte 9 € par semaine. Le travail se limite au déplacement des animaux dans les paddocks d’herbe et de choux. Tim ne s’occupe de rien au sujet de la santé de ces vaches ou des vêlages précoces. Il prévient, le cas échéant les propriétaires par téléphone. Les frais sont extrêmement réduits et se concentrent sur la culture des choux. Les entrées sont donc de 8 semaines x 3 000 vaches laitières x 9 € = 216 000 € sur lesquels sont affectés 35% de frais (75 600 €), ce qui laisse bon an mal an 140 000 € pour le ménage. Le revenu global mensuel de la famille Cookson est donc maintenant de près de 21 000 €, toujours pas plus stressant ni fatigant. Cela nous donne 250 000 € par an, soit 1 million d’euros tous les 4 ans (et sans subventions !). Qui veut jouer ? |
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