Séduisantes quand le mélange "joue collectif"... les prairies multi-espèces
L’idée d’associer graminées et légumineuses, type ray-grass- trèfle blanc, n’est pas nouvelle. Aujourd’hui, on parle de mélanges plus complexes. Pour en maîtriser le comportement, conseils sur les espèces et expérimentations locales sont indispensables.
association multi-espèce
Moins connue que la fameuse association RGA-TB, la prairie multi-espèces séduit pourtant de plus en plus d’éleveurs.
« Pour répondre à leurs questions, nous avons mis en place, dès 2001, des essais pour tester les performances et affiner le mode d’emploi de ces mélanges, explique Patrice Pierre, conseiller Prairies pour les chambres d’agriculture de la Mayenne et du Maine-et-Loire. Car, il convenait d’identifier les motivations des éleveurs pour cette conduite ». Parmi les objectifs les plus souvent cités : l’installation d’une prairie plus pérenne, l’idée de produire plus, de répondre à une hétérogénéité au sein de la parcelle, d’étaler la pousse au long de l’année, d’avoir de la souplesse dans les séquences de pâturage, de donner une image plus « naturelle » à la prairie…
> A chaque situation, un mélange
« Pour y parvenir, le choix des espèces reste primordial. Chacune doit coexister harmonieusement sans que la concurrence, inévitable, conduise à l’élimination de l’une d’entre elles, poursuit-il. Bien entendu, chaque espèce a un rôle précis à jouer ». Alors que les graminées apportent la productivité, les légumineuses ont un impact sur la qualité et les espèces d’accompagnement sur le vieillissement de la prairie ». Le choix des espèces doit se faire en fonction de leur capacité à s’adapter au type de sol (humide, séchant ou acide), au climat (fortes ou basses températures), à la conduite (fauche, pâturage), à la persistance et au comportement social. Recherche-t-on une espèce agressive ou, au contraire, une espèce qui s’adapte bien au mélange, comme la fétuque élevée, le trèfle hybride, la fléole, le RGA, la fétuque des prés ou la minette ? Une fois les espèces identifiées, tout est question de dosage, comme pour une recette de cuisine. La dose totale de semences varie de 25 à 30 kg/ha. « L’idée d’utiliser des mélanges standards à 5, 6 ou 7 espèces ne me séduit guère, confie Patrice Pierre. Car ces derniers sont rarement adaptés au contexte spécifique d’une exploitation donnée. Réaliser un mélange performant de plusieurs espèces demande toutefois d’être précis dans les critères de qualité et de production recherchés et dans le choix des composants du mélange ».
Patrice Pierre

Patrice Pierre, conseiller Prairies pour les chambres d’agriculture de la Mayenne et du Maine-et-Loire.
> Un rendement plus élevé
Dans les différents essais conduits entre 2001 et 2006 dans des fermes expérimentales de Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, le rendement moyen supplémentaire annuel des prairies multi-espèces varie de + 0,9 à + 1,9 t MS/ha, comparé aux associations RGA-TB ou RGA-Fétuque élevée-TB. Même si la variabilité de la production est très importante selon les années, cette variabilité s’avère atténuée dans les prairies multi-espèces : ces dernières se comportant mieux en année difficile. Autre constat : les modalités comportant un RGA plus précoce sont plus productives que celles comportant un RGA tardif. Le gain est alors obtenu au printemps, essentiellement au cours du premier cycle. Quant à la valeur énergétique (UFL) des prairies multi-espèces, elle est satisfaisante bien que légèrement inférieure à celle du RGA-TB : en moyenne, de 4 % (essais conduits de 2002 à 2004 à Thorigné-d’Anjou). C’est au cours du deuxième cycle que l’UFL est la plus basse : pour les trois autres cycles, les écarts sont faibles. La qualité des foins de ces prairies est en revanche nettement supérieure à celle des foins de prairies naturelles liée à de meilleures valeurs énergétiques, équilibre azoté, teneur en minéraux et ingestibilité.
> L’étiquette verte « mélange de semences pour prairie » ; des garanties pour les éleveurs
Elle signifie que :
- les variétés présentes dans le sac sont inscrites aux catalogues français ou européen pour une utilisation fourragère. En matière de choix des variétés, on ne peut pas réaliser un bon mélange avec des variétés mal adaptées. En se référant au catalogue officiel Français on s’assure que les variétés ont subi avec succès les tests de valeur dans les conditions françaises de production et d’exploitation.
- chaque composant du mélange pris séparément répond aux normes de pureté et de germination.

En France, pour garantir aux utilisateurs l'homogénéité du mélange et le respects des proportions des différents composants, les installations des fabricants de mélanges sont inspectées par le SOC (Service Officiel de Contrôle et de Certification) et le taux minimum d'incorporation des variétés fixé à 5%.
etiquette SOC
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Commentaires (3)add comment

M.Straëbler a dit:

Réponse à monsieur Baril : Plus de précisions sur les étiquettes !
La réglementation semence et l'information aux utilisateurs ne se résument pas à l'information mentionnée sur l'étiquette du SOC. En effet pour répondre à vos questions:
La composition est obligatoirement portée sur le sac et doit mentionner les espèces, les variétés et leur pourcentage dans le mélange.

Le conditionneur ou le distributeur doivent être eux aussi identifiés sur le sac.

Si effectivement l'année de récolte n'est pas lisible, La date de fermeture du sac,elle, est clairement indiquée et est en liaison directe avec la dernière analyse de germination et de certification des semences ce qui est une information importante sur la qualité du lot pour l'utilisateur plus que la date de récolte.

17 août, 2010

Denis Baril : Agent commercial en semences fourragères (76) a dit:

Plus de précisions sur les étiquettes !
Pourquoi l'étiquette SOC n'indique pas plus de précisions sur :

- Le nom et l'adresse claire du conditionneur
- l'année en clair de la production de ces semences
- la composition précise du mélange.

Soyons clair et tout le monde sera fier de ces précisions. La non-clarté ne bénéficie qu'à une des parties.

Celui qui devrait être le premier bénéficiaire est le dernier au bout de la chaine : l'éleveur, le producteur d'herbe.
19 juillet, 2010

Laetitia Sire a dit:

Conseillère agriclole
L'utilisation de mélanges complexes est très courante en Suisse. Au point que les cultures pures ne sont maintenues que pour la production de semences.
Ces prairies permettent la production d'un fourrage plus équilibré, plus appétent et avec une plus grande souplesse d'exploitation : si la date optimale de récolte est dépassée (pour des raisons climatiques), la présence de légumineuses permet de maintenir une bonne valeur nutritive. La lutte contre les mauvaises herbes n'est pas interdite, mais raisonnée. Ici les prairies temporaires ont une durée de vie de 3 ans. Au-delà, les conditions rudes ne permettent pas aux graminées ni aux légumneuses "intensives" de se maintenir. Les mélanges sont proposés en fonction de l'utilisation (fauche-pâture) de la conservation (ensilage, séchage en grange, au sol), des animaux à qui il est destiné (bovins-chevaux), de la nature du sol (sec-humide), de l'altitude ... etc. On trouve des mélanges annuels, hivernants ou non, pour 2 ou 3 ans. On dispose égelement de mélanges spécialisés pour la rénovation de prairies permamentes détériorées.


Meilleures salutations
Laetitia Sire

Conseillère agricole & enseignante
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Fondation Rurale Interjurassienne
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15 juillet, 2010

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