Le point sur les semences bio

La filière laitière connaît une vague de conversions bio sans précédent, portée par une demande en constante progression. Qu’en est-il de la disponibilité de semences fourragères bio ? Le point avec Julien Bouffartigue, Secrétaire Général de la section Semences Fourragères du GNIS.

Temps de lecture : moins de deux minutes

Disponibilité de la semence bio

« Aujourd’hui, l’offre en semences fourragères bio sur le marché français est assez faible par rapport aux besoins des éleveurs bio, explique Julien Bouffartigue. Mais pas d’inquiétude, car toutes les espèces sont en dérogation, donc tous les éleveurs qui veulent entamer leur conversion le peuvent. Ils peuvent dans ce cas utiliser des semences conventionnelles non traitées ». Ils ont d’ailleurs accès à un catalogue consultable sur www.semences-biologiques.org, site où ils peuvent également saisir leurs demandes de dérogation. Les semences fourragères disponibles en qualité biologique y sont également détaillées, « et sur les espèces majeures, l’offre est déjà non négligeable », ajoute Julien Bouffartigue.

L’offre se développe

L’offre en semences bio se développe en France. Et l’interprofession semencière a pris des engagements forts puisqu’il est prévu de satisfaire 95 % de la demande bio à horizon 2025 (voir encadré). Aujourd’hui certaines espèces sont proches de basculer hors dérogation – elles sont dites en « écran d’alerte » - comme la luzerne dont le basculement est programmé pour 2021, ou les ray-grass anglais et italien. Les semenciers accompagnent cette sortie du système de dérogation et pour chaque espèce, un calendrier est établi.
« Pour un passage hors dérogation, il faut naturellement être en mesure de fournir le volume nécessaire. La principale difficulté réside dans la capacité à servir toutes les demandes des éleveurs. Par exemple pour la luzerne, il faut être capable de proposer tous les types de dormances pour ne léser aucun territoire, pour d’autres espèces ce seront tous les types de précocités pour ne bloquer aucune exploitation qui voudrait se convertir ».

Origine des semences bio

Une large part des semences bio sont aujourd’hui importées. Et même si on observe une augmentation des surfaces de multiplication en France, la production n’arrive pas à suivre la forte augmentation de la demande, conséquence du nombre important d’élevages en conversion bio.
Pour l’interprofession semencière, cette situation n’est pas satisfaisante. « Nous avons clairement la volonté de produire plus en France et de développer le nombre de contrats avec des éleveurs multiplicateurs. Cela permettra aux éleveurs d’avoir accès à des variétés du catalogue français, donc testées dans les conditions de prérogatives françaises. »

Appel aux multiplicateurs

Si aujourd’hui la vague de conversions tire la demande, « on peut espérer qu’elle permette demain de produire plus, car pour multiplier en bio il faut être soi-même certifié », explique M. Bouffartigue.
La filière est très demandeuse d’agriculteurs multiplicateurs bio et recherche des agriculteurs compétents pour signer des contrats de multiplication. Comme une parcelle de production de semences fourragères reste une source de fourrages, se lancer dans la multiplication peut être une diversification créatrice de valeur pour des éleveurs.
L’expertise nécessaire à la multiplication s’acquiert assez facilement. Tout éleveur intéressé peut se renseigner auprès des établissements semenciers en recherche de multiplicateurs ou auprès d’organismes comme la FNAMS (Fédération Nationale des Agriculteurs Multiplicateurs de Semences). Naturellement, au-delà des compétences techniques, « les agriculteurs qui ont des parcelles qui se salissent peu ou pas et avec peu ou pas de ravageurs seront avantagés » précise Julien Bouffartigue.

Les engagements de l’interprofession

L’interprofession s’est fixée l’objectif de couvrir 95 % de la demande de semences bio en 2025 « pour que la forte demande de produits certifiés AB soit satisfaite par des produits français et que la valeur ajoutée susceptible d’être dégagée par l’agriculture biologique profite au mieux à l’économie agricole française » explique Pierre Pagès, Vice-Président du GNIS et Président de la commission Agriculture Biologique.
Cette commission a initié dès 2016 une réflexion pour développer la production. Parmi les pistes travaillées, rendre possible l’inscription auprès du CTPS de semences en prenant en compte les conditions et les contraintes de l’agriculture biologique ou encore l’identification parmi les variétés existantes de celles qui paraissent bien adaptées à la conduite en agriculture biologique.

 

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