Tous les ans, je sème 10 à 15 ha de prairie sous couvert 


Eleveur bio à Sion-les-Mines, en Loire-Atlantique, François Lebret pratique du semis de prairie sous couvert de céréales : au printemps et à l’automne. Deux stratégies sécurisantes et économiques.

Temps de lecture : environ 3 minutes

Le semis sous couvert, François Lebret y a goûté en 2007. « Satisfait des résultats, je l’ai généralisé il y a deux ans, explique-t-il. Chaque année, je sème 10 à 15 ha de prairie de cette façon. Ray-grass anglais, trèfle blanc, fétuque des prés, légumineuses… sont implantés pour cinq à six ans. Le trèfle violet, lui, ne l’est que pour deux ans. Le renouvellement est donc permanent sur l’exploitation ».
Largement utilisée au printemps, la technique du semis sous couvert l’est un peu moins à l’automne. « Et pourtant, elle donne également de bons résultats, même si le rendement de la céréale est un peu inférieur, poursuit-il. Blé, orge ou triticale sont implantés, en premier, à une densité moyenne (200 grains/m2) pour ne pas étouffer la prairie. Puis dans la foulée, la prairie est semée en surface : à la volée ou manuellement ». Gros atout de cette technique : si le printemps est sec, la prairie sera déjà bien implantée.

De gros gains de temps

La céréale est récoltée classiquement, à maturité : vendue ou autoconsommée, selon l’espèce. La prairie, laissée dans la parcelle, continue alors sa croissance. « Un pâturage d’automne est ainsi possible dès la première année, précise-t-il. Sans compter que la production au printemps suivant est très bonne ». Le gain est double : gain de temps pour pâturer et gain économique car cette technique limite le travail du sol.
Pas besoin en effet de préparer le sol pour implanter la prairie. Au printemps, les cultures semées sont de l’orge de printemps, du lupin, de l’avoine ou du blé noir, et les fourragères plutôt du trèfle violet, de la luzerne ou des mélanges. A noter que les légumineuses s’implantent mieux au printemps et sont moins sujettes aux attaques de limaces.
Comme à l’automne, les cultures sont implantées en premier puis dans les cinq jours suivants, c’est au tour de la prairie, en croisant si possible le semis. Au printemps, la seule limite est liée au climat : trop humide, le sol ne sera pas portant. Trop sec, l’implantation sera compliquée et la levée, délicate. Il se peut que la prairie prenne le dessus. Dans ce cas - très rare - la solution consiste à réaliser une coupe pour ensiler à la fois la prairie et la céréale : la prairie peut alors assurer une seconde pousse.


L’exploitation

  • 140 ha de SAU,
  • 70 ha de céréales et de protéagineux,
  • 70 ha de prairies,
  • 500 brebis viande,
  • vente de 700 agneaux par an.

Les multiplicateurs de semences montrent l’exemple

Depuis deux ans, le groupe « prairies » de l’Ouest, constitué des chambres d’agriculture et d’Arvalis a mis en place un programme d’études en commun avec la Fnams* et ce, pour quatre ans.

Objectif : « tester de nouveaux binômes en semis sous couvert, explique François Deneufbourg, responsable du service semences fourragères à la Fnams. Les agriculteurs multiplicateurs de semences utilisent cette technique depuis de nombreuses années déjà. Cette stratégie permet en effet de gérer le désherbage en limitant l’apport d’intrants, de réduire les coûts d’implantation tout en optimisant la couverture des sols ». Parmi les associations réussies : luzerne sous tournesol ou sous maïs, fétuque élevée ou dactyle sous pois de printemps ou blé d’hiver. En production de semences, les cultures sont semées à très faible densité : elles mettent donc du temps à s’installer et la plupart possèdent un besoin important de vernalisation. Des espèces bien installées à l’automne (en sortie du couvert) sont donc un gage de réussite pour la production grainière.
L’implantation en fin d’été sous couvert végétaux a également été testée : dans ce cas, il faut à l’inverse, choisir des espèces qui s’installent très vite et qui ont besoin d’une faible vernalisation. Deux exemples : trèfle violet ou luzerne sous moutarde ou avoine rude. « Notre expérience est déjà très riche, poursuit-il. Notre volonté est désormais de la partager et de l’enrichir pour la transférer à d’autres pratiques, à la production de fourrage notamment car dans les exploitations d’élevage, les deux types de production sont tout à fait conciliables dans un objectif d’amélioration de la rentabilité globale des systèmes de production ».
* Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences

 

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