À la recherche de l’autonomie alimentaire


Depuis quelques années maintenant beaucoup d’éleveurs se sont engagés dans une démarche d’autonomie alimentaire grâce aux cultures fourragères. Beaucoup de progrès ont été réalisés et certains éleveurs réfléchissent déjà à comment libérer de la surface pour des cultures de ventes tout en maintenant cette autonomie. Herb’actifs est allé à la rencontre M.Thomas Gobaille installé en EARL à Origny en Thiérache, région du maroilles où les prairies permanentes sont omniprésentes. 

Temps de lecture : environ 3 minutes

Herb'actifs, reportage en Thiérache
Thomas Gobaille dans une de ses parcelles

Trouver son système fourrager se fait par étapes

L’EARL est une grande exploitation de type polyculture – élevage avec 140/150 prim’Holsteins à la traite qui produisent chacune environ 9 000 L/an, 300 brebis, 300 ha de Surface Agricole Utile (SAU) dont 23 ha de prairies temporaires, 85 ha de permanentes, 50 ha de maïs dont 35 h pour le grain et le reste en cultures de vente.
Depuis 2009 l’EARL s’est lancé dans la recherche de l’autonomie alimentaire, car jusque-là, la ration était composée d’ensilage de maïs, de pulpes surpressées, de drèches de brasserie et de correcteurs azotés. Leur première décision fût de commencer par de la luzerne en pur, en ensilage, pour augmenter la Matière Azotée Totale (MAT) de la ration. « Les rendements répondaient bien, on mettait jusqu’à 20 kg d’ensilage dans la ration. On s’est alors aperçu que l’ensilage de maïs n’était plus assez énergétique pour valoriser la luzerne. On est donc passé au maïs grain humide », raconte Thomas Gobaille. A ce moment-là, les associés ont observé une baisse du taux butyreux (TB) du lait, dû à l’ensilage de luzerne. « On est donc passé à des mélanges d’espèces pour faire un ensilage d’herbe qui maintienne le taux protéique (TP) et fasse augmenter le TB » explique Thomas.

Des marges de progrès dans la sélection des espèces

Aujourd’hui, l’EARL exploite une parcelle de 14 ha semée d’un mélange de ray-grass anglais, trèfle violet et luzerne, et une parcelle de 9 ha semée d’un mélange ray-grass hybride, trèfle violet, dactyle, fétuque élevée et fléole des prés. Pourtant, M. Gobaille n’est pas vraiment satisfait de ces associations. « La parcelle de 14 ha en est à sa 3ème année d’exploitation. On ne voit déjà plus la luzerne, malgré 150 kg de chlorure de potasse épandu les deux premières saisons, et le RGA est fatigué, bien qu’on apporte du lisier. On va devoir la retourner. Le mélange de la seconde parcelle sèche assez mal. On l’a fauché en andain et récolté trois jours après sans y toucher mais il est resté très humide. Pas moyen de monter à 30 % de MS. Pourtant on a fauché pas trop ras, à 6/8 cm, mais peut-être que le tracteur s’est enfoncé car le sol n’était pas très portant. On a donc rencontré un problème au silo et pour la ration. Ce n’est pas évident de composer soi-même son mélange, de trouver les bonnes espèces puis les bonnes variétés, car on n’a pas encore assez de référence avec nos types de sols. »

Une évolution des pratiques pour maximiser les rendements et la qualité

Malgré cette difficulté, l’équipe de l’EARL a bien senti tout le potentiel de l’herbe, ils sont donc montés en technicité dans la conduite de leurs prairies. Pour cela, ils ont d’abord dû s’affranchir des croyances sur les prairies ancrées dans la région, car en Thiérache, région de prairies permanentes, l’ensilage d’herbe se récoltait traditionnellement entre le 15 et le 20 mai. « Une formation nous a convaincu de faire la première fauche un mois plus tôt, date à laquelle sont atteints les 600°/j. Nous avons ainsi eu la surprise de voir augmenter la qualité de l’herbe et le rendement car en fauchant plus tôt nous avons pu faire une seconde coupe fin mai début juin. » raconte M. Gobaille.
Ils ont également décidé de redynamiser certaines de leurs prairies permanentes par un sursemis de ray-grass anglais, de trèfle blanc et de fétuque élevée. « La différence de réponse avec les permanentes non sursemées était flagrante, c’était le jour et la nuit » précise Thomas. En 2016, ce rendement optimisé, associé au maïs grain humide et complété par les permanentes a bien fonctionné et a permis de diminuer les achats extérieurs.

Sursemer les hectares de permanentes, la solution ?

Les prairies sursemées sont fauchées puis ensilées. La valeur du dernier ensilage réalisé était de 16,7 % MAT et 0,87 Unité Fourragère Lait (UFL). Néanmoins le rendement reste insuffisant, autour de 7 t Matière Sèche/ha (MS/ha). « Alors que l’on sait que l’on peut atteindre les 10 - 12 t de MS/ha. Et pour aller chercher ces 3 – 5 t MS/ha, on réfléchit sérieusement à sursemer tous les ans 15 – 20 % nos permanentes. Dans cette configuration, on pourrait presque diminuer la surface de nos temporaires et diminuer la surface de maïs que l’on garde pour l’ensilage en cas de problème avec nos prairies. Cela nous libérerait dont de la surface pour des cultures de vente. On sait que l’on n’a pas encore la bonne recette, mais on sait qu’elle est individuelle et on s’en approche de plus en plus », conclut Thomas Gobaille.

 

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